Tout voir, tout entendre.... et ne rien dire.

 

Il nous faut bien souvent savoir raison garder,

En maintes occasions sa langue bien cacher,

Sur de multiples choses savoir les yeux fermer,

Les oreilles se boucher, pour sa tranquillité.

Un proverbe nous dit que le silence est d'or.

Certains ont dans ce cas amassé bon trésor.

Mais il est des richesses dont on doit se passer,

Pour pouvoir, serein, en glace se mirer.

Au nom de quelle loi faudrait-il donc se taire,

Devant l'enfant meurtri qu'on a jeté à terre ?

Peut-on rester muet, quand le corps d'un enfant

Est souillé par l'adulte qui se croit tout puissant ?

Peut-on, compatissant, de marbre demeurer

Devant femme battue au cœur traumatisé,

Qui la peur dans le ventre et l'âme résignée,

Appréhende l'instant où l'homme va rentrer ?

Et doit-on ne rien dire quand un fou de vitesse

Sur la route a semé la mort et la tristesse ?

Quand l'ivresse elle aussi, disperse le chagrin

Parce qu'auront été bus quelques verres de vin ?

Faut-il dans un silence insolent se murer

Lorsqu'un être humain se trouve humilié,

Soit au nom de sa race ou d'une peau colorée ?

Cela rappelle trop de sinistres années !

Ne doit-on pas hurler contre ces fanatiques

Qui utilisent avions ou bien pains de plastic

Pour s'attaquer lâchement à des peuples innocents

En abreuvant leur haine dans des rivières de sang ?

Doit-on courber l'échine face à la dictature

Ou ne prononcer mot devant les forfaitures ?

Et ne rien dire encore quand les peuples affamés

Se meurent au lointain, pauvres gens oubliés ?

La misère est cachée trop souvent par pudeur

Et n'étale jamais au grand jour ses malheurs.

C'est pourquoi on n'entend ni cris ni S.O.S.

Lancés près de chez soi par des gens en détresse.

Je ne suis pas aveugle, pas sourd et pas muet,

Et je sais bien souvent me montrer fort discret,

Mais il est circonstances où je ne peux me taire,

Il me faut haut et fort crier toute ma colère.

 

La nature m'a doté de deux mains, d'une voix.

En écrivant ces rimes, les premières j'emploie.

La seconde avec force je ferai retentir,

Car en conscience je ne peux....

Tout voir, tout entendre.... et ne rien dire.

 

 

Auteur: Christian DONADELLO

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